Voilà plus de 30 ans que Vincent Du Bois, sculpteur sur pierre, à la fois artiste et artisan, perpétue le métier de son arrière-grand-père, à l’endroit même où celui-ci s’était installé après avoir quitté l’Italie. Les ateliers, divisés en deux sociétés, VDB et CAL’AS, s’étirent sur un terrain traversant aux abords du cimetière Saint-Georges à Genève. Un choix qui remonte à une époque durant laquelle, dit-il, «l’art funéraire était encore un vrai art. L’exigence du dessin, la taille, l’anatomie, ça comptait vraiment.» C’est surtout son grand-père qui avait rendu les affaires florissantes, aidé de ces cadors italiens qui avaient suivis son aîné.

Vincent n’était pas revenu des États-Unis où il était parti compléter sa formation artistique, l’histoire aurait pu s’arrêter là, avec la mort de son grand-père. Pour autant, si  Du haut de ses 28 ans, Vincent lutte pour que l’entreprise subsiste. Mais en vain. Il s’installe donc à son compte, dans des locaux laissés dans leur jus. Et les affaires reprennent. «Aujourd’hui, nous sommes une équipe de six et l’année prochaine, nous accueillerons une jeune apprentie tailleuse de pierre qui souhaite se spécialiser dans la sculpture.» Expositions en galeries, commandes d’artistes, livraison d’œuvres destinées à l’espace public, concours, dont un récemment remporté en Corée du Sud, art funéraire, restauration de façades historiques, projets insolites… Le quotidien de Vincent Du Bois est riche et varié.

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Par Sylvie Guerreiro

Tribune des Arts – juin 2025