L'art contemporain s'expose au cimetière des Rois
L'art contemporain s'expose au cimetière des Rois
Une exposition d’art contemporain dans un lieu insolite, c’est ce que propose l’exposition Open end. Pour la deuxième fois, elle se tient au cimetière des Rois à Genève.
Admirer de l’art contemporain dans le cimetière des Rois à Genève. C’est ce que propose depuis jeudi l’association DART avec le soutien du Service des pompes funèbres. Des œuvres d’art entre les célèbres pierres tombales de Calvin, Piaget ou encore Grisélidis Réal. 18 artistes contemporains, de John Armelder à Philippe Cramer en passant par le belge Eric Van Hove, se sont interrogés sur l’immortalité et l’épuisement des ressources naturelles. «Open end» revient pour la deuxième fois après 5 ans. L’origine du projet avec le sculpteur et plasticien Vincent Du Bois, membre de l’association DART.
De mémoire de pierre
À Genève, le sculpteur Vincent Du Bois continue de tailler et façonner molasse, marbre ou grès. Il est l’un de derniers à perpétuer ce savoir-faire, autrefois tant prisé de l’art.
Texte et photos : Sébastien Ladermann
Le magazine du Temps – 28 août
Marre du politiquement correct !?
Marre du politiquement correct !?
Un thème à découvrir sur La Ligne de Cœur du 29 mars au 2 avril. En parallèle à ce thème, l’émission reste ouverte à vos réflexions, à vos expériences et récits de vie.
Comment définir le politiquement correct ? Peut-on parler de culture du politiquement correct ? Est-ce un formatage du langage dans le champ social, politique ou interrelationnel ? Comment le comprendre et l’interpréter selon les contextes ? Pourquoi ce langage lisse ? Serait-ce de la bienveillance ou une forme d’hypocrisie ? Pour quelles raisons cet abus de langage « pour certains » aurait-il une telle propension dans les démocraties occidentales ? Souvent utilisé pour parler de classes sociales, de cultures, de genre, d’infirmités ou de diversité culturelle tendances sexuelles, permet-il vraiment d’asseoir une communauté de destins ? Au fond pourquoi prendre des gants pour parler des vrais problèmes et ne pas appeler un chat, un chat !?
Rencontre avec Nicolas Capt, Vincent Du Bois et David Rudrauf
Un avocat de Genève Nicolas Capt spécialisé, entre autres, en Droit pénal, Propriété intellectuelle et Droit des médias, un sculpteur et créateur, Vincent Du Bois qui a notamment fondé l’atelier Cal’AS à Lancy et un professeur associé de psychologie à l’Université de Genève (-présent) et actuellement le directeur du Laboratoire de modélisation multimodale de l’émotion et du ressenti (CISA),David Rudrauf, nous invite, avec d’autres contributeurs, à déshabiller la mort dans « Pour ou contre la mort ». Ce livre collectif, publié en par les Éditions Slatkine, est un condensé de réflexions autour de ce thème parfois éloignées du politiquement correct. Ainsi seront abordés dans cet ouvrage les avantages et désavantages de la mort pour le dire sans prendre de gants. Néanmoins, le thème reste traité avec humour, poésie, tendresse et sérieux quelques soient les représentations liées à la mort.
Pour ou contre la mort
Les invités : Vincent Du Bois et Nicolas Capt « Pour ou contre la mort »
Vertigo, émission de la RTS
Vertigo vous emmène à la rencontre d’une personnalité et des événements qui feront l’actualité des scènes, des médias et des arts. Une émission de Pierre Philippe Cadert et Laurence Froidevaux
Conçu comme une balade subjective et insolite, dans lʹarrière-scène du trépas, retour sur lʹouvrage collectif, collection disparate – mais reliée par le fil rouge de la Grande Faucheuse – dʹimages dʹartistes reconnus sur la scène internationale et de textes littéraires, scientifiques vulgarisés ou philosophiques.
« Pour ou contre la mort – Promenade dans les arcanes du trépas », ouvrage collectif (dont Vincent Du Bois et Nicolas Capt, Frédéric Beigbeder, Plonk et Replonk, etc), éditions Slatkine
Vincent Du Bois et Nicolas Capt sont les invités dʹAnne-Laure Gannac
15 artisants qui font la Suisse romande
VINCENT DU BOIS
Autant artisan qu'artiste, il travaille la pierre comme peu savent le faire. Fondateur de l'atelier de sculpture et de rénovation Cal'As en , Vincent du Bois intervient autant sur des chantiers de restauration que sur des créations contemporaines. Le lien étroit qui unit, à ses yeux, la main, le coeur et la tête imprègne ses réalisations d’une approche singulière, volontiers iconoclaste.
Par Sébastien Ladermann
Et si on demandait son avis à un sculpteur ?

Et les artistes dans tout ça? C’est finalement aussi eux et leurs mois de travail qui l’on fait tomber avec la polémique et les statues déboulonnées. Ils n’y sont souvent pour rien. Vincent Du Bois est le Genevois qui a réalisé, en , à la Maison olympique de Lausanne, la statue du baron Pierre de Coubertin, personnage dont les idées racistes et colonialistes sont souvent rappelées. Nous avons demandé au sculpteur ce qu’il pensait des débats actuels.
Comment réagissez-vous aux polémiques de ces dernières semaines sur les sculptures anciennes de personnages historiques racistes ou ayant profité de l’esclavage?
Je vois les choses de deux points de vue, parfois contradictoires, celui du restaurateur d’ancien et celui du sculpteur contemporain.
Du point de vue du restaurateur d’art et du sculpteur passionné par la rigueur classique, j’ai le réflexe d’analyser le savoir-faire, l’art du modelé, les proportions et surtout la capacité à imprimer dans la matière le souffle de la vie. Par ce biais, j’apprécie surtout donc la main, le geste du sculpteur. Michel-Ange a fait de magnifiques sculptures qui peuvent aujourd’hui nous sembler sexistes, on ne va pas les détruire pour autant.
Heidi News – 26 juin (Article entier sur PDF)
Par Paul Ackermann

Vincent Du Bois imprime ses idées dans la matière
Sculpture L’artiste genevois a réalisé la statue de Pierre de Coubertin à la Maison olympique
Réconcilier la main et la tête, marier d’ancestraux savoir-faire avec la pratique contemporaine, mettre en conversation les univers concrets et numériques: tout est affaire de carrefours chez Vincent Du Bois. Le visiteur peut en faire le constat dès qu’il franchit la grille de son royaume de pierres sis au chemin du cimetière à Lancy, en face du paysage de tombes et de verdure de Saint-Georges. Sur le sentier qui mène à l’atelier du sculpteur genevois, des empilements de dalles mortuaires côtoient d’augustes figures de marbre blanc ou des installations aux miroirs et métaux résolument actuels. De ce joyeux désordre minéral qui fut autrefois le quotidien de l’entreprise familiale de taille et sculpture sur pierre, l’artiste a fait son territoire.
C’est probablement son étonnante capacité à tricoter des liens entre les formes, les techniques et les siècles, sans se préoccuper d’aucun dogme, qui a valu à Vincent Du Bois d’être choisi pour réaliser la statue du baron Pierre de Coubertin. Le Comité international olympique (CIO) souhaitait ainsi marquer le 125e anniversaire de sa création. Haut de 1,74mètre, le portrait du fondateur de l’olympisme moderne trône dans la nouvelle Maison olympique, inaugurée en juin dernier à Lausanne.
La valeur du geste créatif
Pour ce projet, le lauréat du concours a débuté par une exécution fort traditionnelle: modeler le personnage en terre, d’après des photos d’époque. Alors que beaucoup de statuaires contemporains ont abandonné le façonnage des matériaux au profit du scanner numérique, Vincent Du Bois défend obstinément la valeur du geste créatif. «L’idée doit se travailler dans la matière. Depuis toujours, nos cultures occidentales ont instauré une hiérarchie entre la main et la tête qui fait qu’on se distancie du savoir-faire. Et la force du numérique vient souvent renforcer ce phénomène.» Le sculpteur a cherché à dresser un «portrait psychologique» du baron, représenté dans la force de ses 40 ans. «Je trouvais intéressant de retracer le personnage dans ses intentions, à l’avant-garde dans les domaines du développement durable et de l’égalité entre les sexes et les peuples.»
Les outils digitaux n’interviennent que dans un second temps. La figure d’argile a été convertie en 3D, puis dupliquée en polystyrène avant d’être minutieusement usinée en fonderie. Développé par les Genevois de Swiss Art Edition, l’alliage de bronze et d’argent utilisé pour sa fabrication confère une grande luminosité à la sculpture, qui a été soigneusement polie. «Le spectateur s’y reflète comme dans un miroir, précise Vincent Du Bois. Cette image permet une rencontre entre le passé et le présent et indique que la permanence des idées de Pierre de Coubertin dans l’ici et maintenant prévaut sur la ressemblance de la statue avec son modèle.» En outre, cet effet étincelant fait écho à la clarté du bâtiment, conçu pour répondre aux normes internationales les plus strictes en matière de durabilité.
Le seul regret de l’artiste? Que le CIO ne l’ait pas suivi jusqu’au bout. Dans son dessein final, l’œuvre apparaissait découpée en strates. «Elle aurait été composée d’autant de vides que de pleins. L’absence physique du sujet faisait partie du concept. Plus on se serait rapproché, plus il se serait évanoui.» Une proposition vraisemblablement trop hardie aux yeux du commanditaire, qui lui a préféré une approche plus consensuelle.

Capter la poésie du monde
Qu’importe, cette œuvre fut pour son créateur l’occasion renouvelée de faire entendre sa voix. Car il existe deux raisons pour l’art selon Du Bois. Tenter de capter la poésie du monde en «essayant de lever un coin du voile sur son mystère», d’abord; s’exprimer, ensuite, «en tant que citoyen, avec un sens critique sur la société». «Réaliser cette pièce m’a permis de défendre le savoir-faire du portrait via l’art contemporain. Et sur le papier, on ne peut que défendre la vision humaniste de Coubertin, même si elle paraît aujourd’hui soumise à caution.»
Sa voix, le sculpteur la fait résonner dans bien d’autres lieux. Dans les galeries, où il expose régulièrement, ainsi que dans l’espace public, avec de nombreuses installations – on lui doit notamment «Adam et Eve», deux pièces de marbre monumentales qui se font face sur la place du Grand-Saconnex. Celui qui a toujours, en parallèle, poursuivi son travail d’artisan, se sent aussi bien sur le toit du Musée d’art et d’histoire à restaurer d’anciennes statues qu’au cœur du dialogue entre la virtualité et le concret au Centre interfacultaire en sciences affectives de l’Université de Genève, avec lequel il a un contrat d’«artist in lab». En , on l’a vu dans le cimetière des Rois, en pilote de l’exposition «Open End», soutenue par la Ville de Genève et réunissant 16 artistes – un deuxième volet est en préparation, qui commencera par un atelier à la HEAD sur l’immortalité et le cimetière de demain, au mois de février prochain. Vouant une fidélité indéfectible à sa première passion, le dessin, Vincent Du Bois semble prendre plaisir à ne pas céder à toutes les modes. La meilleure façon, sans doute, de s’offrir la liberté.
Par Irène Languin
En visite exclusive à la Maison olympique
A un mois de son inauguration, le siège du CIO nous ouvre ses portes à Vidy. Coût du bâtiment: 124 millions de francs.
Dans l’idéal, il faudrait une chaise. On l’installerait en bas de ce qui est la pièce majeure de la nouvelle Maison olympique du CIO à Vidy, un escalier monumental fait de cinq anneaux comme suspendus dans le vide, symboliquement. Et on prendrait notre temps pour contempler cette prouesse architecturale conçue comme en 3D. « Et vous remarquerez que ces anneaux ne sont pas en couleur, contrairement aux vrais. C’est que nous n’avons pas voulu nous montrer trop ostentatoires. Le CIO est une marque suffisamment forte comme ça », précise Marie Sallois. Elle est la directrice du développement, de l’organisation, de la marque et de la durabilité. Et notre guide au pas soutenu pour la visite exclusice du nouveau siège mondial du CIO. Alors la chaise, ce sera pour une autre fois…
« Et vous remarquerez que ces anneaux ne sont pas en couleur, contrairement aux vrais. C’est que nous n’avons pas voulu nous montrer trop ostentatoires. »
C’est dans un mois jour pour jour, le dimanche 23 juin, que la Maison olympique sera inaugurée, une date symbolique puisqu’elle marque également le 125e anniversaire de la création de l’institution. Cinquante employés, nommés les « ambassadeurs », testent les lieux depuis quelques jours mais ce n’est que lundi prochain que l’ensemble des équipes, soit 500 personnes actuellement réparties sur quatre sites à Lausanne, prendre possession de l’endroit. Elles seront accueillies par la statue de Pierre de Coubertain réalisée par l’artiste Vincent Du Bois, érigée dans le hall, mais point de devise olympique en guise de bienvenue, toujours par souci de ne pas en faire trop. Peut-être à l’avenir.
Laurent Antonoff
24HEURES . 22 mai























