«New Bauhaus» et patrimoine local
Le nouveau Bauhaus européen, cette initiative prise par la présidente de la Commission eu-ropéenne, se réfère bien sûr au courant architectural des années
1920. Mais il vise surtout à lancer un mouvement créatif et interdisciplinaire avec comme point d'orgue la durabilité, l'interdisciplinarité et la responsabilité so-ciale. Une thématique évidente dans la rencontre entre Label Genève, l'association qui regroupe les meilleurs artisans d'art genevois et œuvre à les va-loriser, et la Fondation WRP dont l'objectif est de soutenir la création contemporaine dans les domaines de l'architecture, de l'urbanisme et du design. Douze artisans d'art genevois ont relevé le défi en créant une pièce, seuls ou ensemble, pour l'exposition «New Bauhaus». Elle est à voir à la galerie de la Fondation WRP, aux Pâquis, jusqu'au 29 mars.«Nous souhaitions vraiment valoriser le savoir-faire local et inviter à repenser notre rapport aux objets. L'ADN de l'exposition gravite notamment autour rebuts industriels et artisanaux.
Je pense, par exemple, à ce banc modulaire en béton imaginé par le sculpteur sur pierre Vincent Du Bois.

Sa matière de base provient de carrières abandonnées», explique Carole Glauser, la curatrice de «New Bauhaus», qui pousse encore davantage la réflexion et évoque notre contexte géopolitique actuel: «Les ressources sont un enjeu majeur, comme la transmission des savoir-faire dans un monde de plus en plus globalisé.»
Que ce soit Claudio Colucci, le designer d'art, et son ensemble de bougeoirs en cuivre jaune ou aluminium recyclé, ou la maroqui-nière Christine Murner qui a collaboré avec le sculpteur sur bois Jérôme Blanc en créant un tabouret et un sac boule en bois et fils polyester recyclés, chacun des douze artisans interrogent les enjeux contemporains du design ar-tisanal. Quelle est la mémoire de la matière? Quels choix éthiques opé-rer? Notons encore la table ronde organisée le 24 mars de 18 h 30 à 20 h 30 et les visites guidées par Carole Glauser pendant les Journées européennes des métiers d'art (JEMA) du 27 au 29 mars.
Carole Kittner
Tribune de Genève (Tribune des Arts) - 12 mars 2026
Rosa Turetsky ouvre la saison dans ses espaces enfin rénovés
La main de marbre
Le premier du tandem se révèle Genevois. Vous le connaissez. Vincent Du Bois est sculpteur sur pierre, «il y a plusieurs métiers dans la pierre» comme il me l’expliquait tantôt. Les expositions de sculptures au cimetière des Rois, c’est lui. La prochaine devrait logiquement se dérouler en 2027. Mais les autorités se montrent un peu frileuses cette fois. Sans doute faudrait-il que cette manifestation détournant provisoirement le lieu de sa fonction se montre un peu plus courte. L’homme sert par ailleurs de praticien, notamment certains. artistes et designers. La chose n’ayant rien de déshonorant dans la mesure où il le fait très bien. On remarque de lui deux œuvres chez Rosa, dont «Obsolescence programmée» une main géantes qui se fissure taillées dans le marbre. Et aussi et « Ghost hand » une seconde main géante taillée dans un marbre creusé au revers jusqu’à la translucidité. L’allégorie d’un travail manuel qui s’en va, remplacé par la machine et l’ordinateur. Il me semble loin le temps où «ne rien savoir faire de ses dix doigts» désignait les incapables. Vincent a aussi créé au sol une sorte d’horloge, où un gros cierge tourne comme une aiguille en laissait couler sa cire, qui forme des cercles parfaits.La semaine contemporaine
L’exposition fera bien sûr partie à la mi-septembre de la Geneva Art Week, troisième du nom. En matière contemporaine, les choses ne sauraient se voir dites autrement qu’en anglais. La semaine regroupera du 17 au 21 tous les espaces genevois, dont certains semblent aujourd’hui à la peine. Elle succédera donc à La Bâtie. Les mauvaises langues diront qu’un malheur n’arrive jamais seul. Mais il convient aussi que l’art actuel réagisse, alors que le Mamco et le Centre d’art contemporain se sont durablement transformés en SDF. Il existe une nouvelle génération à former, du moins en tant que spectatrice. Le public des galeries a par ailleurs pris un sérieux coup de vieux. J’en suis la preuve vivante.
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Bilan – 28 août
Une exposition collective à découvrir au prieuré Saint-Nicolas
Il y est des lieux privilégiés où des objets parlent directement à l’âme et la seule réponse apportée est le silence. C’est encore plus vrai dans des lieux qui ont grandi autour du silence comme le prieuré Saint-Nicolas. Un silence qui devient encore plus intense lorsqu’artis-tes et histoire y dialoguent.
Rosa Turetsky, galeriste genevoise, en partenariat avec Arnaud Le Bihan, maître de ce lieu, ont réuni huit artistes : Isa Barbier, Vincent Du Bois, Andrea Gabutti, Etienne Kräen-bühl, Marie Moroni, Sandrine Pelletier, Jean-Loius Perrot et Jean- Patrice Rozand, dont le point commun est la matière.
Midi Libre – juillet

Le sculpteur sur pierre
Voilà plus de 30 ans que Vincent Du Bois, sculpteur sur pierre, à la fois artiste et artisan, perpétue le métier de son arrière-grand-père, à l’endroit même où celui-ci s’était installé après avoir quitté l’Italie. Les ateliers, divisés en deux sociétés, VDB et CAL’AS, s’étirent sur un terrain traversant aux abords du cimetière Saint-Georges à Genève. Un choix qui remonte à une époque durant laquelle, dit-il, «l’art funéraire était encore un vrai art. L’exigence du dessin, la taille, l’anatomie, ça comptait vraiment.» C’est surtout son grand-père qui avait rendu les affaires florissantes, aidé de ces cadors italiens qui avaient suivis son aîné.
Vincent n’était pas revenu des États-Unis où il était parti compléter sa formation artistique, l’histoire aurait pu s’arrêter là, avec la mort de son grand-père. Pour autant, si Du haut de ses 28 ans, Vincent lutte pour que l’entreprise subsiste. Mais en vain. Il s’installe donc à son compte, dans des locaux laissés dans leur jus. Et les affaires reprennent. «Aujourd’hui, nous sommes une équipe de six et l’année prochaine, nous accueillerons une jeune apprentie tailleuse de pierre qui souhaite se spécialiser dans la sculpture.» Expositions en galeries, commandes d’artistes, livraison d’œuvres destinées à l’espace public, concours, dont un récemment remporté en Corée du Sud, art funéraire, restauration de façades historiques, projets insolites... Le quotidien de Vincent Du Bois est riche et varié.
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Par Sylvie Guerreiro
Tribune des Arts - juin 2025
Un savoir-faire ancré dans l'histoire
Depuis plusieurs décennies, Vincent Du Bois perpétue un savoir-faire ancré dans l’histoire: la taille de pierre. Héritier d’une tradition familiale, il a affiné son art entre la Suisse. l’Italie et les États-Unis, avant de fonder l’Atelier CAL’AS, spécialisé dans la sculpture et la restauration architecturale. «J’ai toujours oscillé entre l’art et l’artisanat, cher chant à préserver les gestes anciens tout en intégrant les avancées technologiques», nous raconte-t-il. Son atelier a joué un rôle clé dans la récente restauration de la chapelle des Macchabées. Un projet exigeant, mené en étroite collaboration avec l’ASPIG et divers experts en patrimoine bâti.
« J’ai toujours oscillé entre l’art et l’artisanat, cherchant à préserver les gestes anciens tout en intégrant les avancées technologiques »
IMMOscope 185 – avril

Sculpter l’avenir artisanal, entre tradition et modernité
Du 28 au 30 mars, les JEMA mettent en lumière les métiers d’art. Rencontre avec un sculpteur genevois qui perpétue l’art de la pierre.
Vincent Du Bois, sculpteur sur pierre, ici avec son œuvre «God’s hand», explore la symbiose entre création artistique et savoir-faire manuel. Pour lui, ces deux dimensions se nourrissent mutuellement.
Jennifer Weil
Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) Genève
Une exposition passe la conscience au kaléidoscope
A l’espace Muraille, des plasticiens interrogent avec humour et une grande variété de médiums cette notion sérieuse mais nébuleuse.

Irène Langin
Tribune de Genève, mardi 18 juin























